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La Contrée en montagnes dans Bellechasse - Entrevue avec Mme Carole Brunet, agente de développement au CLD de la MRC de Bellechasse

Mardi, 23 avril 2013
 
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contrée
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Saint-Léon-de-Standon
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Buckland
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Saint-Philémon
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Carole Brunet, agente de développement au CLD de la MRC de Bellechasse
</span> Carole Brunet, agente de développement au CLD de la MRC de Bellechasse
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Quatre des municipalités les plus dévitalisées au sud de la MRC de Bellechasse, dans la région de Chaudière-Appalaches, ont décidé d'unir leurs forces pour travailler ensemble à la création d'un nouveau projet de territoire teinté par le développement durable : la Contrée en montagnes dans Bellechasse. Nous avons rencontré Carole Brunet, agente de développement au CLD de la MRC de Bellechasse, pour en apprendre un peu plus sur cette initiative innovatrice.

Par Julie Rose Vézina

Madame Brunet, dites-moi qui a été l'initiateur de ce projet?

« C'est Guy Boudreau, agent de développement rural de la MRC de Bellechasse, qui a été l'initiateur de ce projet, dès 2008 en fait. »

Comment a germé l'idée? Quel était le contexte socio-économique à l'époque?

« C'était en déclin dans notre région comme dans beaucoup de municipalités rurales partout au Québec et ailleurs. On le sait, en milieu rural, les problématiques sont toujours un peu les mêmes : les jeunes s'en vont pour étudier ou pour trouver un travail ailleurs, la population vieillit, le revenu familial moyen est sous la moyenne provinciale, on y constate la perte de services de proximité, il y a donc dévitalisation…

Dès 2003, monsieur Boudreau réalisait que la MRC avait du mal à se développer et à aller de l'avant. Il a fait un voyage en France en 2008 et c'est à ce moment qu'il a pris connaissance du concept d'intercommunalité française. Il est donc revenu au Québec avec cette idée et a présenté le concept à une dizaine de municipalités de la MRC, dont finalement quatre ont choisi de relever le défi. »

Quels sont les objectifs précis de cette démarche?

« Le mot le dit : inter et commune, un concept dont l'objectif premier est de se soucier de la municipalité voisine, d'avoir une vision commune de développement. On enlève ici l'esprit de guerre de clocher qui règne parfois et on essaie plutôt de voir ensemble à notre développement dans une même ligne directrice. À plusieurs, on est plus forts, et ce, même au niveau des demandes de subvention. L'impact local et régional est donc plus grand.

J'aimerais toutefois préciser qu'il n'est nullement question ici de fusion municipale. On parle plutôt de gouvernance territoriale partagée. Travailler collectivement au développement local pour contrer les faiblesses du territoire et veiller à la revitalisation des petites communautés de façon durable. La ligne directrice, c'est de travailler ensemble, ce qui est déjà un gros travail. Cela demande un changement au niveau des mentalités. Au départ, notre préfet pensait que juste changer les mentalités, ça allait prendre 10 ans! »

Pourtant, les gens ont compris très vite qu'il était de leur intérêt de collaborer.

« En effet, il y a eu une très grande mobilisation des citoyens et de la population. C'est ce qui fait la richesse de ce projet et c'est ce qui va faire que celui-ci va fonctionner. Les gens ont un rôle à jouer dans le développement de la Contrée, et cela a vite été compris. »

Quelles sont les municipalités membres et combien de citoyens sont concernés par cette démarche?

« Saint-Léon-de-Standon, Saint-Nazaire-de-Dorchester, Buckland et Saint-Philémon ont décidé de relever le défi parce qu'elles réalisaient qu'elles fonçaient droit dans un mur. Ces municipalités éprouvaient des difficultés, elles s'essoufflaient. Elles étaient les 4 municipalités les plus dévitalisées de la MRC, et toutes seules, elles ne parvenaient pas à se remonter. Comme elles n'avaient rien à perdre et tout à gagner, elles ont donc décidé d'enclencher le processus. En 2011, cela englobait 3192 habitants. »

Comment la démarche est-elle financée?

« Malgré quelques difficultés de départ, nous avons été chanceux parce que nous avons un grand accompagnement au niveau de projet. D'abord, la participation des 4 municipalités locales nous a permis d'engager un agent de développement local : Gilles Lapointe s'occupe des projets strictement locaux. Moi, je m'occupe des projets qui touchent les 4 municipalités à la fois.

Ensuite, le MAMROT et les 4 municipalités nous ont donné un financement pour 3 ans de 90 000 $ en 2011, ce qui a permis la création du poste de chargé de projet et le financement de certains projets.

Finalement, le CLD participe au montage financier grâce à un montant disponible pour trois ans et par la mise à contribution de l'agent de développement rural, Guy Boudreau, alors que la MRC de Bellechasse offre un financement issu du Pacte rural. »

Comment fonctionne la démarche dans le détail?

« À partir de 2010, nous avons établi une notion de développement durable pour la démarche. On a alors organisé de grands rendez-vous pour aller à la rencontre de la population avec pour objectif de savoir comment les habitants percevaient leur développement, leurs richesses, les menaces et les opportunités de leur territoire. On voulait savoir si cela leur était utile ou pas, et ce qu'ils souhaitaient faire avec tout ça au niveau social, économique et environnemental.

Suite à cette démarche, nous avons établi un diagnostic du territoire de la Contrée. Avec tout ça en mains, on a pu cibler 8 enjeux pour notre plan dans lequel nous avons 75 projets à mener pour les 10 ans à venir. »

Vous avez aussi créé, je crois, des comités de travail divers?

« Oui. À la base, nous avons créé un comité de gouvernance. On a d'ailleurs fait le lancement officiel le 3 mars dernier et la Contrée en montagnes est alors devenue un OBNL. On a aussi un comité de communication et un comité d'évaluation, soit la chair Desjardins en Abitibi- Témiscamingue, qui évalue notre projet. Nous avons un comité technique formé de gens qui travaillent sur le projet à temps plein. Et, finalement, un comité aviseur formé d'une personne de la CRÉ et un autre du MAMROT qui regarde pour nous ce qui se fait à l'extérieur de la Contrée. »

Est-ce que d'autres municipalités souhaitent se joindre à vous maintenant que le projet est lancé?

« D'autres municipalités parlent de nous en effet et seraient intéressées à se joindre à nous. Maintenant, comme c'est un travail de longue haleine, il faut d'abord que les gens fassent une prise de conscience face leur situation. Nous de notre côté, on doit d'abord s'assurer de la solidité et de la viabilité de notre projet. Ensuite, on verra pour ajouter d'autres municipalités ou pour le transférer ailleurs. »

Voyez-vous, jusqu'à maintenant, des résultats concrets de la démarche amorcée?

« Je suis un témoin privilégié et je peux dire que depuis mon arrivée dans le projet il y a un an je vois déjà une grosse différence. Les premiers temps où je faisais des appels, personne ne savait de quoi je parlais, et maintenant les gens ont entendu parler du projet. Ils savent qui on est.

Je vois aussi une évolution au niveau de la motivation et de l'implication des gens qui croient en ce projet. Le mot se passe très bien. On reçoit des appels de gens qui veulent s'inspirer de notre démarche, tout comme nous on a fait en allant en France au départ. »

Quels défis vous apprêtez-vous à relever cette année?

« D'abord, un premier Plan d'action 2013 a été lancé cette année. Cette semaine, nous ferons une conférence de presse pour le lancement d'un bottin des services, commerces et entreprises de la Contrée. L'objectif de ce bottin est de faire connaitre aux autres municipalités aux alentours les services offerts dans la municipalité d'à côté. C'est un outil pour promouvoir l'achat local et faire vivre nos services de proximité. Les gens vont souvent loin parce qu'ils ne savent pas qu'il y a des services similaires plus près.

On a également une brasserie artisanale, la COOP BRASCOL, qui devrait ouvrir à Buckland à l'été. L'engouement extraordinaire pour ce projet nous montre encore une fois à quel point la mobilisation citoyenne passe vraiment par les projets. Dès le lancement de la COOP, plusieurs jeunes se sont présentés pour en devenir membres.

Nous travaillerons aussi au projet de sentier de grande randonnée pédestre et raquette qui va relier les cœurs des 4 villages. Ça fait des mois qu'on travaille avec le comité et là on va pousser encore plus loin ce projet. Ça va prendre des mois, il faut d'abord approcher les propriétaires des terrains, mais on est très motivés. »

Croyez-vous que votre démarche influencera d'autres MRC ou municipalités à suivre vos pas?

« Je pense en effet oui que notre idée peut influencer, même si elle n'est pas transférable partout et qu'elle dépend aussi beaucoup de l'accompagnement. Ça prend un passionné pour faire avancer un tel projet. Nous avons la chance d'avoir avec nous Guy Broudreau qui y croit tellement et depuis tant d'années qu'il a su rejoindre d'autres gens pour faire avancer la Contrée en montagnes. »

Pour en savoir plus sur le projet : www.contreebellechasse.com


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